Le spectacle

Deux divas enchaînées sont mises en vente par leur maître, elles font mille prouesses musicales et acrobatiques pour convaincre de potentiels acheteurs...

La compagnie Opéra mobile confronte l'art lyrique, traditionnellement réservé à la salle, aux dangers et à la vitalité de la rue. Elle souhaite ainsi le faire sortir de sa tour d'ivoire et rappeler que le bel canto est sublime et peut émouvoir dans n'importe quel contexte - et n'importe quelles positions!

Interpréter des grands airs d'opéra accompagnés d'un accordéon est déjà peu banal. Mais présenter un spectacle de théâtre de rue dont la trame est essentiellement musicale est une aventure inédite et palpitante."

Un mot de l'auteur

"Chacun porte probablement en soi une vision incorrecte des choses. Il est arrivé à tous, une fois, au moins, de penser: Je suis peut-être fou, mais voilà ce que je pense. Alors que tout le monde cherche à dessiner avec précision, on a parfois envie de déchirer la feuille.
Les clowns et les pitres nagent depuis toujours dans la provocation, l'équivoque ou la transgression.

La vente d'esclaves fait référence à la vie de tous les jours en la repeignant de paradoxe, d'excès, de facéties. La vexation devient un jeu et le théâtre est l'espace privilégié de cette vexation. C'est un jeu qui porte l'acteur à haïr le metteur en scène, ce crétin incompétent, insensible et mégalomane qui ne parvient pas à comprendre que la recherche d'un personnage nécessite du temps. Qu'on ne peut pas prétendre d'un artiste qu'il mémorise de minutieuses séquences de mouvements et de textes totalement incohérentes. Que les interprètes existaient avant les metteurs en scène et qu'ils lui survivront.
Que pense un acrobate de son entraîneur durant les répétitions, au cirque? Et que se passe-t-il lors d'un casting de cinéma? Certains penseront à leur propre mariage. Ou simplement à comment les enfants jouent avec des lézards.

J'ai voulu recréer sur la scène le jeu ridicule et cruel qui s'établit entre celui qui exige et celui qui, innocemment, cherche à satisfaire ces exigences. J'ai aidé Yvonne, Olivier et Teresa à réinventer ces jalousies stupides, ces cruautés inutiles et ces petites lâchetés qui nous permettent de rire tristement de nous-mêmes.

Justement: la vie est triste. Alors qu'attendez-vous ? Achetez-vous un esclave!"

Antonio Vergamini

Un mot des producteurs

les deux mezzosTel un chat sans maître qui parcourt la ville en toute liberté, "Opéra mobile" veut confronter l'art lyrique, traditionnellement réservé à la salle, aux dangers et à la vitalité de la rue. Ainsi, nous souhaitons faire sortir l'art lyrique de sa tour d'ivoire et rappeler que la voix humaine est belle et peut émouvoir dans n'importe quel contexte. Et d'autant plus accompagnée d'un accordéon. Nous Le marchand d'esclavessouhaitons aussi faire sortir l'interprétation lyrique de son carcan - pourquoi une cantatrice n'arriverait-elle pas à chanter debout sur la tête? - et la confronter au cadre urbain quotidien. L'art peut-il survivre dans cet espace de béton et de pierre? La voix survivra-t-elle au passage d'un camion? Dans la rue, la diva va rencontrer sa vraie essence. Et par sa présence, l'espace urbain va s'en trouver transformé.

Teresa Larraga, Yvonne Tissot, Olivier Forel

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